Dimanche 15 novembre 2009 à 13:23
I want to love you but I better not touch (Don't touch)
I want to hold you but my senses tell me to stop
I want to kiss you but I want it too much (Too much)
I want to taste you but your lips are venomous poison
You're poison running through my veins
You're poison, I don't want to break these chains
Poison -
Alice Cooper
Je me rappelle, en première, avoir lu Lambeaux. Je suis incapable de me souvenir de l'auteur. Comme quoi. Mais la lecture m'avait marquée. Un passage essentiellement, où l'auteur, en écrivant sa difficulté, écrit qu'il n'écrit pas que ses douleurs, mais qu'il écrit aussi celles de ceux qui ont des mots enfoncés, pourrissants dans leur gorge et qu'ils n'arrivent pas à cracher.
Ces mots là (même si je ne m'en souviens pas avec exactitude, je suis certaine de l'expression "mots pourrissants dans leur gorge", qui m'avait frappée et qui m'avait fait tomber pour cet auteur) sont tellement vrais ... Quand des mots restent coincés en nous, ils pourrissent dans notre gorge. Ils envahissent notre être en pourrissant. Et ce que je trouve surprenant, c'est que plus les mots sont simples, plus ils sont durs à dire, plus ils restent coincé en nous, plus durs ils sont à dire. "Je t'aime", "Il est mort", "Je pars" ... ? Ce sont des mots que l'on ressasse des jours et des jours avant d'oser les cracher, avant de les vomir quand on est aidé par quelqu'un (And if I swallow anything evil, put your finger down my throat ...), avant d'oser les faire sortir de nous ... quand ils sortent.
Parfois, cela fait encore mal quand ils sont sortis. Cela déchire le coeur. Je me rappelle des mots terribles qu'elle avait eu après que j'eu réussi à avouer, en pleurs, ce que je ressentais : "tu mens, tu te fais des illusions, ce n'est pas vrai". Il m'arrive de mentir. Il m'arrive de manipuler la vérité à mon avantage, parfois. Mais pourquoi mentir sur quelque chose qui vous a rendu malade en vous forçant à tout cacher ... ? Bonne question, oui. Mais j'en garde encore la marque. Au fer rouge. Comme celle d'autres mots qui ont été dit si facilement et qui sont si brûlants. On a toutes les deux nos problèmes, je ne dis pas le contraire. Moi aussi, j'ai du la blesser. Mais il y a des mots sur lesquels j'ai terriblement réfléchi avant de prononcer quoi que ce soit. Eux, ils en faisaient partie. Croasser en silence un "je t'aime" ridicule au téléphone a été une des épreuves les plus dures de ma vie.
Peut-être simplement parce que la seconde personne à qui j'ai dit cela, à demi-mots, sans jamais les dire vraiment, les mérite plus. C'est une simple certitude, celle-là, mais elle ne décolle pas de mon esprit. Et elle ne compte pas partir, quoi qu'il arrive. Cela résonne de manière plus juste. Ne me demandez pas comment ni pourquoi, c'est un simple fait dans mon coeur. Certes, c'est toujours très flou, j'attends toujours la lettre, la réponse, sincère, qui contient des mots que je ne connais pas et que je brûle de connaitre ... Encore un long dimanche ... Et encore une longue journée de cours, demain, avant de pouvoir rentrer et ouvrir la boîte aux lettres... Pas simple, pas simple quand on est aussi impatiente que moi.
I don't wanna break this chain, heh ? Simple et redoutablement efficace. Vrai, aussi. Il y a des choses que l'on ne veut pas briser par des mots. Voilà pourquoi nous les laissons pourrir en nous. Mais pourquoi ? Par peur. La peur est plus dangereuse que le danger, m'a-t-on dit. C'est vrai, parfois. Parce que cette fois, j'arrive à garder le sourire en attendant une réponse. Parce que même si j'aimerais, du fond du coeur, qu'elle soit positive, qu'elle soit douce à mon oreille, même si je sais que je serais triste d'avoir le négatif, ou que je serais intriguée par la demande de temps, simplement, je sais que pour une fois, je sens que je pourrais être capable de ne pas être emportée dans un flot qui me noierai aussi sûrement que la vague qui s'était abattue sur moi il y a longtemps.
I don't wanna break this chain, je ne veux pas briser ce lien qui nous uni, même si j'aime. Aimer, c'est vouloir entretenir ce lien, encore plus soigneusement qu'avant, le soigner, le guérir, lentement mais sûrement. Tu sais ce que je t'ai dit, hein ? Ces peurs là, si je peux, et je veux le pouvoir, et si tu m'y autorises, je veux t'aider à les guérir, comme tu m'aides à guérir les miennes.
Arrêtons de laisser pourrir les mots qui nous envahissent, chantons les au clair de lune. Faisons sortir ce qui se trouve dans nos coeurs. Nous pourrons plus facilement le faire briller nos coeurs et nos âmes de cette manière.
Edit : Merci à
raison-et-sentiments ;) l'auteur de Lambeaux est donc Charles Juliet. Un petit livre, très court, qui m'a énormèment touché, comme vous pouvez le voir.